Chapitre 4
Port de San Julian, le 4 juin 1520, en hiver
Nous avons vu les Amérindiens en personne. Nous étions à bords de nos navires lorsqu'un homme apparu sur la plage. Le Capitaine ordonna à quelques-uns de nos hommes d'embarquer dans un canot et d’aller à sa rencontre pour essayer de s’en faire un ami.
L'homme se permit de nous suivre jusqu’à la petite île où Magellan avait débarqué. L'homme semblait très agréablement surpris de nous voir et pointa le ciel. On pensait que ça voulait dire qu'il croyait qu'on descendait du paradis.
Cet homme était très grand et vraiment très beau. Son large visage était peinturé de rouge excepté deux ronds jaunes autour de ses yeux et deux taches en forme de cœur sur ses joues. Il était habillé chaudement avec une peau d'animal de sa localité qu'il nous a montré plus tard. Cet animal avait la tête et les oreilles d'une mule, le corps d'un chameau, les pattes d'un cerf et la queue d'un cheval.
L'homme portait aussi une sorte de soulier fait de la même peau. La fourrure couvrait le contour de la chaussure afin de se protéger du froid. Ces souliers créaient d'énormes empruntes qui nous avaient fait croire que des géants habitaient ce continent. Il transportait aussi un petit arc très solide fabriqué avec les intestins du même animal. Dans son autre main, il tenait des flèches fait en roseaux, avec des plumes à une des extrémités (ressemblant aux nôtres) et à l'autre extrémité, au lieu d'un bout de fer, une pièce de silex noir et blanc.
Le Capitaine lui donna à boire et à manger, avec plusieurs bibelots. Des petites cloches, un petit miroir, un peigne et quelques perles étaient parmi les cadeaux. Après ça, l'indigène s'en alla sur le rivage accompagné par 4 hommes bien armés.
Beaucoup de gens de son peuple sont apparus quand ils l'ont vu revenir. Ils ont été amenés à bord et invités à rester aux alentours de nos bateaux. Ils se sont divisés en 2 parties, une de chaque côté du port, et ils nous divertissaient en dansant et en chantant.
Quand j'avais voyagé à Cuba avec Gomez et ses troupes, j'ai rencontré pour la première fois le peuple de ce Nouveau Monde. Je ne m'attendais pas à ce que l'un d'eux change ma vie.
Cuba, 1517-1518
À Seville, chaque jour je m'attendais à recevoir un mot d'Ayala qui s'avèrerait me donner du trouble mais, à ma grande surprise, il n'en était rien. J'étais soulagé mais confus. Elle ne semblait pas être de celles qui ne voudraient pas prendre leur revanche.
Toutes ces pensés ont été vite remplacées une fois en mer. Je n'avais pas encore été sur un bateau depuis avant la mort de mon père. Je fus surpris combien je me sentais chez moi sur la mer même après tout ce temps.
Après une courte traversée, nous sommes arrivés à notre destination; Baracoa. Gomez fit un rapport au Gouverneur Diego Velázquez, l’homme qui nous avait appris que notre mission à Cuba avait changé. Avant, notre mission était juste que nous renforcions les défenses et mieux assurer la sécurité des colonies. Mais les autochtones de l'île préparaient une révolte et nous avons donc été appelés pour une campagne. Le gouverneur a ordonné à Gomez de militer contre les rebelles et de les écraser. Je savais que Gomez était un bon officier mais j’allais aussi seulement me rendre compte qu'il n'avait jamais mené ses troupes dans une bataille avant. Son stress était énorme et il passa la semaine suivante à essayer de trouver désespérément un plan. Quand il eu trouvé, il en arriva à un plan audacieux, non conventionnel et qui risquait autant de nous donner une brillante victoire qu'une désastreuse défaite. Selon moi, ça dépendait autant de la chance que de l’habileté. J'exprimai mon inquiétude à Gomez :
-Senior, ce plan est dangereux. Nous risquons de blesser nos amis comme nos ennemis. Les autochtones connaissent le terrain mieux que personne dans notre armé, surtout ceux qui sont ici depuis seulement une semaine.
Il riposta avec arrogance;
-Je crois que nous pourrons facilement remporter la victoire sur ces sauvages. Ils ne peuvent prévoir une attaque de ce genre et ils n'auront aucun moyens de se défendre contre ça. Nous triompherons, sans aucun doute.
Je ne pouvais qu'espérer, dans notre intérêt, qu'il avait raison.
Le gouverneur approuva ce plan et les préparations finales furent complétées. Je ne crois pas être un trouillard, mais j'avoue que j'étais effrayé. Je ne vois pas comment un homme sensé ne peut pas l'être dans une pareille situation. J'étais pour engager une bataille contre un ennemi que je ne connaissais pas, sous le commandement d'un officier presque inexpérimenté dont le plan était imprudent et assez hardi pour réussir. Je ne pouvais pas faire grand chose pour aider. Comme je profitais du coucher de soleil cette nuit-là, je songeais à si c'était le dernier que je voyais.
****
Gomez planifia une attaque de nuit à un village dont nous savions, informés par un espion, habité par les rebelles. Nous approchions avec le plus de précautions possibles et prirent nos positions, attendant le signal de Gomez. Celui-ci tira un seul coup de feu dans les airs et nous chargions l’établissement des amérindiens.
Au début, ça ne se passait pas comme prévu. En effet même si nous ayons bénéficié de l'élément de surprise, les rebelles, comme personne n’étant acculé avec aucune chance de s’échapper, combattaient comme des démons. Gomez fut frappé par son cheval paniqué et nous finissions en battant en retraite. Les feux provoqués par nos hommes brûlaient les huttes du village et aidaient les rebelles à combattre autant que nous-mêmes. Et ça les enrageait. Nous étions maintenant en défensive, essayant de garder le contrôle sur nos envahisseurs. Gomez, par je ne sais quel moyen, réussit à réformer nos lignes et à charger à nouveau.
Pendant que nous repoussions les autochtones, j'ai été séparé des autres soldats. Ayant perdu mes camarades, j'ai été confronté à un grand homme. Mon épée me fut enlevée et jetée par terre avant de savoir qu'il était là. Nous nous sommes battus à mains nues et bientôt je compris que j'étais en train de perdre Le rebelle était plus fort que moi et avait le physique qualifié d’un guerrier. Beaucoup plus que moi. Il réussit à me maintenir à terre et serrer sa main autour de ma gorge. En train d’étouffer, je commençais tout juste à penser que Toledo et Ayala auraient peut-être été un bien meilleur choix pour moi. Tout à coup, je senti l’étreinte de mon coup se desserrer. Mon adversaire tomba mort à côté de moi. Je levai les yeux, m’attendant à voir un de mes compagnons. Mais je fus stupéfié quand j’aperçu dans la lumière des feux d’incendie le visage d’un amérindien, vêtu à l’espagnol, se tenant au-dessus de moi avec un couteau ensanglanté. Il m'offrit sa main et je fus remis sur pied.
Il parlait l'espagnol presque parfaitement;
-Vite! Nous n'avons pas beaucoup de temps.
Je ne sais pas pourquoi je l’ai suivit, peut-être étais-je juste curieux, mais après que j'ai récupéré mon épée, je l’ai accroché.
-Ça ne te gênerait pas de me dire où on va? La bataille se passe de l’autre côté., lui dis-je après un moment.
-Tes amis viennent de soumettre les rebelles mais la victoire va vous échapper si tu n'es pas silencieux, me chuchota-t-il sévèrement.
J’étais décontenancé par la façon qu’il m’avait répondu. Il parlait très bien l’espagnol mais avec un ton irrespectueux. Bizarre s’il était ce que je croyais, un esclave. Je suis devenu encore plus curieux. Qui était cet homme? Et comment la victoire pouvait-elle nous échapper si Gomez avait forcé les rebelles à se rendre? Nous avions fait le tour du village et nous nous trouvions dans une région où il n'y avait presque pas de violence. L'Amérindien ralenti le pas et s’approcha très furtivement. Je sentais qu’il était prudent de faire de même et nous nous faufilions silencieusement vers les voix étouffées que je pouvais entendre. Bien que je ne comprenais pas leur langage, je pouvais dire qu'ils étaient en train de se disputer. Je pouvais voir les formes de deux silhouettes tapies dans l'ombre. Ils semblaient chercher une sorte d'accord pendant que, silencieusement, nous nous rapprochions de plus en plus d'eux. Ils venaient tout juste de se lever lorsque mon compagnon se rua sur l'un d'eux et l’abatta d'un seul coup. Je posai mon épée sur la gorge de l’autre qui se rendit sans se battre.
-Qui sont ces hommes et pourquoi est-ce si vital de les capturer? Demandai-je.
-Cet homme, me répondit mon étrange sauveur en pointant celui que je tenais en échec avec mon épée, est le chef de la rébellion.
J'étais stupéfié. La victoire aurait, en effet, été perdue si le chef de la rébellion se serait enfui. Pas loin de nous, j'entendis les soldats de Gomez venir dans notre direction. J’entendis la voix de Gomez dans la noirceur :
-Bien joué, Mendoza!
Lui et plusieurs de ses soldats nous entourèrent.
-Ce n'est pas seulement grâce à moi, sir, dis-je en me retournant vers mon compagnon, mais vis qu’il avait disparu dans l’obscurité.
Nous faisions marcher au pas le reste des rebelles et des villageois à Baracoa et Gomez fit un rapport au gouverneur sitôt que nous entrions dans le fort. Il s'attribua le tout mérite de la victoire et fut promu au rand de Capitaine sur les lieux. J’étais surpris qu'il n'ait pas mentionné que j'ai été, en partie, responsable de la capture du chef de la rébellion. Je n’y pouvais rien, mais je me rappelai les mots d’Ayala: <<-Tu n'es rien pour lui. Rien qu'un outil. Un moyen de promouvoir sa propre carrière. Et si tu ne vois pas ça, ben peut-être que tu es un fou toi aussi!>>
La nuit suivante, les rebelles furent brûlé vif. Tout le monde était requis pour témoigner de ça et je ne faisais pas exception. Juste avant d'allumer le feu, un prêtre offrit le confort spirituel au chef de la rébellion, lui montrant la croix et lui demandant d'accepter Jésus et d'aller au paradis.
-Est-ce qu’il y a des gens comme vous au paradis? demanda le chef de la rébellion.
-Il y en a plusieurs comme moi au paradis, répondit le prêtre.
-Je ne veux pas avoir à faire avec un dieu qui permettrait une telle cruauté en son nom, répondit le chef
Dans les mois qui ont suivi, je ne pouvais pas aider, mais commençais à comprendre ce qu’il voulait dire quand j'ai vu comment les gens de cette île avaient été faits esclaves et forcés de travailler jusqu’à leur mort.
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La même nuit, Gomez me réclamait. Lorsque je l'eus trouvé, il était avec l'Amérindien qui m'avait sauvé la vie.
-Cet esclave, José, m'a rapporté un message d'un de mes amis, Quentìn Gamboa qui est le commandant de la garnison de Santiago de Cuba. Gamboa a demandé au Gouverneur plus de soldats et comme la menace immédiate a été maîtrisée ici, le gouverneur a accepté de nous envoyer à lui. Dis aux hommes d’être prêts. Nous partons dans une semaine.
Congédié, j’attendis que l'esclave, à qui je dois la vie, soit aussi congédié, et je lui demandai :
-Pourquoi m'as-tu aidé? Nous as-tu aidés? Tu as trahi ton propre peuple.
Il me regardait fixement, silencieux. J’allais me répéter quand il me répondit :
-Ce n'est pas mon peuple, me dit-il catégoriquement. J'ai fait ce que je pensais qui était le mieux pour eux. Ils n'avaient aucune chance de vous battre, Espagnols. S'ils auraient convaincu d’autres villages à les rejoindre, ça aurait été légal pour les Espagnols d'en faire des esclaves. J'espère les sauver. En arrêtant leur chef, peut-être que je pourrais sauver le peuple.
Ça voix tremblait d'émotion en disant ces mots.
-Que veux-tu dire par; <<ce n'est pas ton peuple>>?
-On m'a fait esclave il y a quelques mois quand le Gouverneur cherchait le continent à l'ouest d'ici.
-Comment se fait-il que tu saches parler l'espagnol si tu as été esclave il n'y a que quelques mois?
-Il y a presque 2 ans, me racontait José, des naufragés espagnols apparurent dans mon village et c'est d'eux que j'ai appris à parler votre langue. Je voyageais vers une autre ville quand les hommes du Gouverneur m'ont trouvé J'ai fait la stupide gaffe de leur parler. Et l'ami de ton Capitaine, Gamboa a fait de moi son esclave. J'ai été emmené à cette île et baptisé José. Je n'ai pas revu ma maison depuis. Et maintenant ton peuple projète d’envahir mon pays.
J'ai appris la vérité de ses dires pas longtemps après.
Dans les mois qui suivirent, j'ai appris beaucoup de cet esclave nommé José. Malgré, ou à cause de nos différences, nous commencions à devenir amis. Je trouvais qu’il avait une perspective de la vie plus différente que n'importe quelle autre que j'avais connue.
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Comme Gomez l'avait ordonné, nous marchions vers Santiago de Cuba après une semaine et José montrait le chemin. Gamboa nous a présentés à l'Alcalde de la colonie. Il se nommait Hernan Cortés. C'était cet homme qui planifiait naviguer vers le continent où, que la rumeur disait, une grande civilisation prospérait.
Notre vie et nos devoirs à Santiago de Cuba étaient ordinaire et routinier. Les mois passaient sans que rien d'intéressant nous arrive. Il n'y avait pas plus de rébellions ou de problèmes d’aucune sorte. Nous étions les maîtres de cette île.
Quelques fois, je rejoignais nos hommes ou les marins à la taverne pour entendre les dernières rumeurs et histoires. À cause de ça, j'ai bientôt été au courant que Cortes n'était pas le seul intéressé à l’île de l'ouest. Gamboa avait aussi cherché l'approbation du Gouverneur pour mener une expédition mais Cortes était le favorit. Et depuis les deux hommes n'arrivaient pas à s'entendre.
Une des histoires préférées des hommes étaient l'El Dorado et la Cité d'Or. Je les avais souvent entendues depuis ce temps et ça n'a jamais cessé de me fasciner.
La première nuit que j'en avais entendu parler, c'était après une longue et chaude journée, même Gomez avait accepté de prendre un verre à la taverne. Un vieux marin commença l’histoire et, presque immédiatement, toutes les autres conversations s’étaient tues.
-La Cité d'Or existe quelque part sur l'île de l'ouest. Les maisons sont en or, les rues sont en or. Même les pauvres de cette cité en on de l’or. C’est si commun que même les riches ne l’utilisent pas.
-S'ils n'en veulent pas, j'accepte volontiers de leur en débarrasser!, cria quelqu'un de la foule.
Tout le monde pouffa de rire et reprirent leurs conversations. Tout le monde sauf Gomez. Regardant dans le vide, c’était clair qu’il rêvait à la fabuleuse cité.
-Vous pensez à la cité dorée, Gomez?
Sortant de sa rêverie, il se mit à rire.
-Pourquoi aurais-je besoin des cités d’or? J'ai une magnifique femme qui est aussi riche que Midas Qu'ai-je besoin de plus?
Je redevenais sérieux à la seule pensée d'Ayala.
-Quoi de plus en effet.
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Le temps passait. Pour nous désennuyer, Gomez et moi faisions des tests d'habileté à l'épée. J'avais un talent naturel mais il avait bien plus de pratique et nous gagnions chacun équitablement nos parties de batailles.
Près d'un mois après la discussion des Cités d'Or, Gomez était en retard pour notre match. Ça ne lui ressemblait tellement pas que je me mis à sa recherche. J'appris de la garnison qu'il était dans sa chambre et qu’il n’en était pas sorti depuis hier soir. De crainte qu'un accident lui soit arrivé, je me suis précipité dans ses quartiers et frappa fort sur sa porte.
Aucune réponse.
Je frappa encore et j’allais ouvrir la porte quand je l'ai entendu;
-Entrez, dit-il d'une voix faible.
Il restait immobile près de la petite fenêtre de sa chambre, tenant un bout de papier froissé dans sa main.
-Capitaine, quelque chose ne va pas. Les hommes m'ont dit que vous n'avez pas quitté votre chambre depuis hier.
Il ne se tourna même pas vers moi.
-Capitaine, que se passe-t-il?
-Elle est morte, Mendoza, me dit-il simplement.
Je ne comprenais pas. J'allais lui demander de qui il parlait... quand ça m'a frappé. Ayala. Il n'y avait qu'Ayala qui pouvait le mettre dans un tel état.
-Gomez, pas...
-Oui, répondit-il amèrement en me tendant le papier. Lis-la si tu veux.
Je ramassai la feuille tombée de sa main. C'était une lettre de la part de Alfonso Pedroza, le père d'Ayala. Elle annonçait brièvement et froidement le meurtre d'Ayala. Assassinée dans les bras de son amoureux, par le servant qui avait toujours été très possessif avec elle. Je fus aussi, sachant son caractère, shocké. La lettre déclarait aussi qu'Ayala mourut sans héritier, l'accord du mariage n’ayant pas été accompli, la fortune de Gomez, acquis par elle, n'était plus la sienne désormais.
-J'ai perdu ma femme, ma fortune et ma réputation. Tout est perdu. Tout.
Je crois qu'il parlait à lui-même et pas à moi.
-Gomez, je...
Je n'aurais pas su quoi dire même s'il m'avait laissé finir.
-Ne dis rien.
Il se tournant vers moi. J'ai pu voir dans ses yeux rage, chagrin et suspicion. Je savais à quoi il pensait et à ce moment les mots m'ont manqué. Je ne pouvais rien dire pour me défendre. J'étais innocent mais je pouvais voir qu'il m'avait tout de suite crue coupable. Et rien que je n'aurais pu dire n'aurait pu le faire changer d'avis. Je quittai la chambre sans faire de bruit, laissant le capitaine seul avec sa peine.
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Un mois passa et nous nous étions rien dit de plus. Gomez et moi n'avions pas été amis bien longtemps. Seulement officier supérieur et soldat. Je n’avais plus aucun pouvoir et j’étais humilié en devant servir le devoir ordinaire de garde, quelque chose que je n’avais jamais eu à faire avant.
C’était justement dans ces temps-là qu’un crime avait été découvert par les comptables de Cortes. Quelqu'un ou quelques personnes avaient été voler l'entrepôt du Roi et l'Alcalde était déterminé à trouver qui. Il garda cette information pour lui et ordonna à ses commis de garder le silence, dans l’espoir d’attraper le voleur. Il ne se rendrait pas responsable d’expliquer aucun vol à l’entrepôt du Gouverneur et du Roi. Une telle perte pourrait même compromettre son expédition et Cortes ne le permettrait pas. Secrètement, il ordonna à plus de soldats de garder le trésor et, sans que personne ne le sache, prépara son piège.
Et, comme le destin l'en avait décidé, j'étais là quand le piège avait marché
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Je fus posté en tant que garde de l'entrepôt du Roi. La nuit était noire, la lune était cachée derrière les épais nuages qui se déplaçaient très vite. Une soudaine agitation venant de l'autre côté du bâtiment attira mon attention et je courus vers le bruit. Par la faible lumière, je pouvais voir un gardes comme moi en train de lutter avec un assaillant ombragé. J’ai eu à peine le temps de réagir que le voleur, je croyais bien que c’était lui, se libéra et s’enfuya dans la jungle. Je levai mon fusil, prêt à tirer un coup mortel quand la lumière de la lune perça les nuages. J’ai failli échapper mon arme. Je pensais avoir reconnu qui était le voleur. Je rajustai mon tir et tira juste au moment où la silhouette disparut.
D'autres gardes sont arrivés, trop tard et j'ai donné les ordres pour une recherche et pour aller chercher le trésorier. L'identité de l'assaillant allait causer un tumulte et j'avais un mauvais pressentiment à propos de toute cette situation. Bien que je savais que Gomez aurait voulu entendre mon rapport, je quittai la scène. Je savais où je pouvais trouver le voleur et je tenais absolument, pour ce que je voulais faire, à le trouver en premier.
Je marchai jusqu’aux quartiers des esclaves du Commandant Gamboa. Prudemment, je poussai la porte entrouverte. Une silhouette était accroupie dans un coin mais dans la faible lumière qui entrait, je ne pouvais voir qui c’était. J'avançai prudemment et silencieusement, du moins assez silencieusement pour moi, mais avant que je n'aie fait trois pas, la silhouette se retourna et je vis la lumière de la lune éclairer la lame d’un couteau.
La silhouette se précipita vers moi, son couteau visé sur mon coeur. Je m'esquivai et saisi l’arme de mon attaquant, essayant de le désarmer. Mais son désespoir le rendait plus fort que moi et la lame était de nouveau pointé vers moi. J'étais en train perdre cette lutte et, désespéré, je cria;
-José, arrête! C'est Mendoza!
La force de la lame disparue soudainement et je tombai.
-Mendoza?, questionna une voix dans l’obscurité, excuse moi, je ne savais pas que c'était toi.
Je regardais son bras saigner et son visage effrayé.
-C'était toi, n'est-ce pas?.
-De quoi parle-tu?, dit-il en s’éloignant.
Je pointai sa blessure et demanda incrédule :
-Je suppose que c'est juste une morsure de moustique?
Il ria tristement et avoua sa déception;
-Un moustique que tu as tiré.
-T’es chanceux que je t'aie reconnu ou tu serais mort à la trésorerie en ce moment.
Il tressailla :
-Ta visée est légendaire, répondit-il.
-Qu'est-ce que tu faisais là? demandais-je en colère. Si tu te fais attraper, ils vont te pendre.
-Je n'avais pas le choix, dit-il tristement.
-Que veux-tu dire "tu n'avais pas le choix"?, demandais-je prudemment.
-Juste ça. Ne me pose plus de question.
Il me regarda :
-Tu vas m’emmener?
-Tant qu'à t'emmener, je pourrais aussi bien te tuer ici.
Je le regardai dans les yeux :
-Je te dois la vie. N’y a-t-il aucune façon de te payer ma dette?, lui répondai-je avec un rire dur.
-Tu n’as plus qu’à partir immédiatement et ne reviens pas, rajoutai-je sérieusement.
Il me regarda, surpris et reconnaissant.
-Merci, dit-il finalement.
-Pas le temps pour ça, dépêche-toi.
José commença à passer à côté de moi. Rapidement, je donna un coup de pied sur ses jambes. Il tomba sur le dos, un peu assommé. Avant qu'il n'ait pu bouger ou réagir, j'avais mon fusil pointé sur sa tête. Il leva la tête vers moi et je pouvais voir ma trahison dans ses yeux.
La porte s'ouvrit violemment derrière moi et José étendu face contre terre.
-Bon travail, Mendoza, me dit une voix familière. Je vois que tu as capturé notre voleur.

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