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Chapitre 2 Port de San Julian, le 3 mai 1520, en hiver La semaine dernière, Magellan nous a tous donné du travail à n'en plus finir. Il fallait qu'on construise un abris sur la plage sablonneuse, explorer l'environnement presque tous les jours et chercher des provisions dont on manquait au point qu'il fallait diminuer les rations de moitié. Magellan espérait trouver des indigènes pacifiques pour commercer avec eux mais s'il y en avait qui habitaient les parages, ils se cachaient drôlement bien. Une de nos premières tâches était de fouiller. Magellan avait l'intention d'amener chaque bateau pour remplacer toutes les planches pourries, goudronner les coques etc. Il fallait donc placer tout le contenu des bateaux dans les abris et chercher tout ce qui était pourri pour les jeter à la mer ou les brûler. Comme ça on pouvait rénover les bateaux. On a déjà fini les travaux sur le plus petit bateau de la flotte, le Santiago, pour qu'il continu d'explorer vers le sud. Magellan espère trouver le détroit ou le cap du continent et a ordonné au Capitaine Serrano de continuer les recherches. Quand je n'étais pas trop occupé avec mes travaux, le Capitaine
Général Magellan m'enseignait plein de choses sur la navigation.
Je me rappelle de son premier cours; Ainsi les jours passaient. Chaque jour j'apprenais quelque chose de nouveau, trouvant la latitude et la longitude avec les instruments personnels de Magellan. D'autres expériences m'ont aidé à reconnaître les positions; me servant du vent, des événements et de mon instinct pour estimer notre distance et notre direction depuis que nous avions quitté le port. Je compris comment me servir d'une boussole, le plus important instrument de la navigation. Le Capitaine disait que j'étais un très bon étudiant. J'ai toujours appris vite. Parfois, notre survie dépend de cette qualité. Granada 1512-1516 Je me réveillai dans un endroit étrange. Maria était
à côté de moi. Pendant qu'elle soignait mes bleus
et mes coupures, elle me raconta ce qu'elle avait appris à propos
de mon père. Les semaines passèrent et mon oncle vendit notre maison dans l'Arroyo. Je n'ai pas même pas pu dire au revoir à Julian. Luis amena Maria et moi chez lui à Granada. J'ai passé les 3 prochaines années dans sa maison. Ça me fait plus ou moins plaisir de me rappeler de ça. Si j'avais pu trouver un moyen de partir et de prendre Maria avec moi, je n'aurais jamais passé une seule journée là-bas. Mon oncle croyait que j'étais "gâté" et que je "manquais de discipline". Il disait que la seule façon de régler ce problème était de me donner de sévères punitions et du travail laborieux. J'ai travaillé pour lui comme si j'étais son esclave plus que comme si j'étais son neveu. Et je n'étais pas le seul qu'il terrorisait. Toute la maison vivait dans la terreur et la paix revenait seulement quand il était parti. On vivait de la nourriture qu'on pouvait trouver. Luis ne payait absolument rien à Maria et il était rare qu'on puisse bien manger. Maria pouvait s'en aller quand elle voulait mais elle ne voulait pas me laisser tomber. Je me sentais coupable d'être son fardeau, sa seule raison de rester et je volais tout ce que je pouvais par tous les moyens possibles autant pour elle que pour moi. J'étais devenu un voleur très habile à 14 ans. J'ai appris dans la rue et les allées de Granada et piquais tout ce que je trouvais. Tout ce qui ne pouvait pas être mangé, pouvait être vendu. J'allais chercher dans ce qui appartenait à Luis chaque fois que j'en avais la chance. Une fois, je me suis fait prendre la main dans le sac et j'avais reçu une violente punition. J'ai été battu à deux doigts de perdre la vie et je n'ai pas quitté mon lit pendant des semaines. Mais j'ai bien appris ma leçon cette fois-là: je suis devenu plus prudent. Trois ans ont passé. J'avais 16 ans et je cherchais désespérément un
moyen de m'échapper de cette maison et de Granada. Je pouvais m'engager
comme matelot sur n'importe quel navire de Granada et n'importe quand,
mais je ne pouvais pas quitter Maria. Et il aurait été difficile
de fuir ensemble. Il y a longtemps que je lui avais fait une promesse; Ça me fait sourire de penser combien elle était naïve. Un jour, lorsque je m'y attendais le moins, la chance de quitter Granada s'est présentée. Je flânais le long des docks de la rivière Genil sur un des terrains de mon oncle. Les docks étaient bondés de marins, de marchands, de voyageurs et d'autres gens qui y travaillaient. Soudain, la foule a commencé à s'agiter à une allure folle. Les gens se poussaient les uns sur les autres, essayant désespérément d'éviter la voiture hors de contrôle. J'étais bousculé par tout le monde et je n'avais nul part où aller. Alors j'ai fait la seule chose que je pouvais, la pire folie de ma vie. Je me suis mis en position devant la voiture, regardant le cocher qui essayait de reprendre le contrôle et d'éviter les gens. Les chevaux affolés se rapprochaient de plus en plus, j'attendais ma chance. Au dernier moment juste avant que les chevaux me renversent, j'ai sauté et saisis le côté de la voiture. Je sentais la vigueur arracher les bras de mon corps. J'ai usé de mes dernières forces pour m'embarquer dans la voiture, à côté du cocher stupéfait. Les rênes sont tombées de ses mains et je me suis incliné pour les reprendre. Le quai était maintenant juste derrière moi et l'eau agité de la rivière juste en face. Il restait peu de temps avant d'éviter la catastrophe. J'accrochai les reines et tirai de toutes mes forces. Le cocher sortit de sa stupeur et m'aida à arrêter les chevaux juste à temps. Comme la foule applaudissait et me félicitait pour ma bravoure,
une gracieuse jeune demoiselle sortit de la voiture, un peu étourdie.
Je l'ai reconnue presque immédiatement. Señorita Ayala Pedroza,
la fille d'un des plus riches hommes de Granada. Et elle s'est presque
évanouie dans mes bras. À mon retour à la maison, je n'attendais pas moins de recevoir les fameuses réprimandes et punitions de Luis. Señorita Ayala, comme la rumeur le disait, quittait Granada pour marier un homme de la haute aristocratie à Toledo et je doutais qu'elle se souviendrait de moi un jour, mais je me trompais. Quelques semaines après l'incident, je retournais à la
maison et trouvai une voiture qui m'était familière devant
la porte. Celle qui avait failli me tuer. J'entrai dans la maison et trouvai
un des servants qui m'attendait impatiemment, je fus immédiatement
conduit au parloir. Je cognai à la porte et Luis m'ordonna d'entrer.
Je croyais y trouver Señorita Ayala avec lui mais à la place,
à ma grande surprise, c'était un homme. Il était
grand, peut-être 5 ou 7 ans de plus que moi, avait des cheveux bruns
avec une coupe à la mode. Je pensais que c'était peut-être
le fiancé d'Ayala. Luis me parlais chaleureusement, mais me regardait
toujours aussi froidement; Gomez venais à peine de remonter dans sa voiture que Luis se tourna
vers moi. Je compris la menace. Le jour suivant, j'ai été chez Gomez
et lui ai dit exactement ce que m'avais ordonné mon oncle. En réponse; **** Quelques mois plus tard, Luis devait partir en voyage à Barcelone. C'était imprévu et tout le monde de la maison s'est réjoui de son départ. Moi, j'en ai profité pour chercher dans le bureau de Luis. J'étais en train de feuilleter ses papiers personnels sur son bureau, quand par chance, quelques feuilles sont tombées par terre. Je me suis penché pour les ramasser et j'ai remarqué quelque chose. Une pièce du bureau n'était pas faite comme le reste. Curieux, je touchai la pièce doucement. J'ai été décontenancé quand un cliquetis se fit entendre et révéla un profond creux taillé dans le bureau. Regardant à l'intérieur, j'y ai découvert plusieurs papiers bien rangés. J'en tirai un et trouva que c'était une lettre fait de papier extrêmement dispendieux. En regardant la signature en bas, j'avais du mal à le croire. Don Antonio de Medina. Le père de ma mère, mon grand-père. Je me suis assied et commença à lire. Les lettres étaient la correspondance entre mon oncle et mon grand-père. Elles dataient de la mort de mon père jusqu'à maintenant. Les deux dernières lettres ont du être reçues peu avant le départ de mon oncle. J'ai été surpris d'apprendre que mon grand-père était très malade et allait mourir bientôt. Il était écrit qu'il voulait que je reçoive un héritage. D'après ce que Maria m'avait raconté, Don Antonio n'aurait jamais voulu pardonner ma mère de lui avoir désobéis et son héritage devait être donné à son frère. Mais la lettre révéla que son frère avait périe, célibataire et sans enfant. Ça signifiait qu'il ne restait plus que moi, le seul héritier. J'avais la fortune de mon grand-père. Au début, j'étais très excité. J'allais être riche. Maria et moi loin de Granada et libre de faire tout ce qu'on souhaitait. Mais la seconde lettre a changé ma joie en effroi. Je pouvais seulement deviner que Luis avait écrit une réponse à Don Antonio et ça voulait dire, d'après ce que disait la lettre de mon grand-père, que Luis m'avait brossé tout un portrait! Que j'étais maladif, trop faible pour quitter Granada. J'étais confus. J'ai toujours été en bonne santé et je n'étais certainement pas l'incapable dont mon oncle voulait parler. Je comprenais tout maintenant. Luis voulait mon héritage pour lui seul. Plus j'y réfléchissais et plus il devenait clair que j'étais en danger. La seule façon pour mon oncle d'avoir cette fortune était soit de me cacher son existence, soit de me tuer après l'avoir obtenu en mon nom. Qu'est-ce que de pouvais faire? Où pouvais-je aller? Je montrai les lettres à Maria et lui expliqua ce que j'avais
appris. On a voyagé jusqu'à Seville là où j'ai été
capable de trouver un passage jusqu'à Barcelone pour Maria. On
s'est dit au revoir sur le dock deux jours plus tard. Cette après-midi là, je me trouvai à faire mon chemin
loin de Seville, en route pour Toledo. |