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Port de San Julian, le 14 avril 1520, en hiver Je m'appelle Blas de Mendoza. Je suis en train de pratiquer l'écriture
comme me l'a recommandé le Capitaine Général Magellan.
C'est lui qui m'a enseigné presque tout sur la navigation. Comme
il m'a dit quand il m'a offert ce livre (un de ses propres journaux de
bord); Mais par où dois-je commencer? Avec le début de l'expédition de Magellan et comment je suis devenu un membre de son équipage? Ou dois-je commencer par mon oncle, Luis de Mendoza, que je vois partir au rivage? Non. Maria, qui a pris soin de moi comme si j'étais son propre fils, m'a dit une fois que c'était à la mort de ma mère que tout avait commencé entre nous. Bien, je commencerai avec elle, mes parents et ma naissance. Chapitre 1 Espagne 1480-1512 Je suis né dans un petit village proche de Seville en 1500. Mon père, Diego de Mendoza, était le Capitaine d'un bateau et un expert en navigation. Originaire de Granada, mon père avait quitté la maison de son père et le rôle du second fils d'une famille vivant dans la tyrannie pour devenir son propre maître. Il déménagea à Barcelone. La plupart du temps, il travaillait pour un seul homme. Don Antonio de Medina, un riche marchant très respecté. Il aidait mon père dans ses études afin qu'il devienne un bon marin et un grand Capitaine. Ils ont été ami pendant longtemps jusqu'à ce que mon père et la fille de Don Antonio, Elena, annoncèrent leur désire de se marier. En dépit de leur amitié, Don Antonio leur avait interdit de se marier et refusa de garder mon père comme employé. Il croyait au déshonneur de sa fille si elle épousait un homme de cette classe. Mais Elena, ma mère, défia Don Antonio et maria Diego. Voulant se venger, Don Antonio renia sa fille et ne lui donna aucun héritage, même pas de dot. Seule Maria Zuniga avait accompagné ma mère, elle était sa servante et son amie d'enfance. Don Antonio avait influencé tout le monde à Barcelone afin que personne n'emploie mon père. Incapable de trouver du travail, Diego fut forcé de retourner à Granada auprès de son vieux frère Luis. Comme il n'était pas très proche de Luis (avec qui mon père ne s'est jamais entendu), Diego, Elena et Maria se sont contentés de rester près de Seville, dans l'Arroyo, un pueblecito d'environ seulement une centaine de personnes. Peu après, mon père recommença à naviguer avec Luis. Colomb avait découvert le Nouveau Monde il y avait quelques années et des matelots expérimentés furent très recherchés. À cause de ça, mon père devait quitter la maison souvent. Il n'était même pas là quand j'étais né... et il n'y était pas non plus lors de la mort ma mère. J'avais six ans. Je me rappelle juste un petit peu de ma mère mais je sais qu'elle était magnifique. Ses cheveux étaient longs et noirs et ses yeux bleus. C'était une femme bien éduquée, et elle avait un bon tempérament. Je me rappelle quand elle essayait de m'apprendre à lire et à compter. (Maria qui avait appris avec elle, réussissait à m'enseigner avec plus de succès plus tard, mais était moins douce). Une épidémie de fièvre s'était étendue sur Seville et ses villages voisins. Beaucoup d'enfants furent amenés à la Cathédrale pour les protéger de la maladie. Quand ma mère était devenue malade, j'y ai été amené aussi. Là-bas, j'ai rencontré un autre garçon d'Arroyo dont son père était fiévreux. Il s'appelait Julian Escobar et il était devenu mon meilleur ami. Quelques jours plus tard, une amie de la famille était venue à
la Cathédrale avec une mauvaise nouvelle. Ma mère était
au plus mal et un prêtre devait aller la voir. J'avais, pas par
accident, tout entendu et j'ai été demander si elle allait
mourir. La femme m'avait pris par les épaules, tentant de m'éloigner
et m'avait dit; Je suis rentré en coup de vent dans la chambre de ma mère,
à bout de souffle, et je me suis arrêté net près
de son lit. Terrifié, je croyais qu'elle venait tout juste de mourir.
Elle était si pâle mais, après un moment, je voyais
qu'elle respirait toujours... avec peine. Je me suis approché d'elle
et pris sa main. C'était froid, elle ne brûlait plus de fièvre,
et le feu de la vie l'avait quittée. **** Plusieurs semaines plus tard, mon père rentra à la maison
et reçu la nouvelle qu'Elena avait quitté notre monde. J'aurais
pu être en colère contre lui parce qu'il n'avait pas été
là mais j'en étais incapable. Il se punissait lui-même
plus que j'aurais pu le faire. Il avait visité la tombe de ma mère
juste une fois avec moi. Il m'avait dit; **** Comme je l'ai déjà dit, Julian et moi étions devenus amis. Quand je n'étais pas en mer avec mon père, j'étais avec lui. Son père aussi était mort à cause de l'épidémie. Sa mère ne s'était jamais remise de la perte de son mari. Don Felipe, l'homme le plus riche de notre village avait assuré à Julian qu'on prendrait soin de lui au séminaire à St-Jude. Tout ce que Maria ne pouvait pas m'apprendre en lecture et en écriture, Julian le faisait. Et en retour, je m'assurais qu'il n'avait pas toujours la tête dans un livre et lui apprenais à se battre et à nager (un peu). Nous étions aussi différents que la nuit et le jour. Nous avions à peu près la même taille, mais j'avais environ un ans ou deux de plus que lui. Il avait des cheveux aussi blonds que les blés et des yeux bleus. Sa peau pâlissait encore plus au soleil. Moi, j'étais un peu plus foncé avec des cheveux ébène ondulés, mes yeux avaient une couleur sombre, presque noire. Nos rêves prenaient des sens différents aussi. Lorsque j'eu onze ans, presque douze, mon père et mon oncle furent
engagés comme Capitaines sur une flotte qui partait pour le Nouveau
Monde. Mon père m'avait déjà promis de m'amener avec
lui dans un long voyage et j'étais excité. Mais, quelques
jours avant notre départ, il changea d'idée. Il m'expliquait; **** C'était un été comme les autres pour Séville,
c'est-à-dire, chaud et humide. D'habitude je passais mes journées
à aider Maria, à rester sur le dock et regarder les bateaux
passer ou écouter les histoires des marins. Un jour, je m'éloignais
du village quand Julian revenait du Séminaire. Nous restions le
plus longtemps possible dans la rivière et nous rêvions à
notre futur. Je voulais le convaincre de me suivre dans les aventures
que j'imaginais. **** L'été était presque fini et mon père n'était
toujours pas revenu. Ça faisait longtemps déjà que
son voyage aurait du être terminé. Il n'a jamais été
en retard avant. Les mois de juin à octobre ne sont pas recommandés
pour naviguer, surtout pas sur l'Atlantique, il pouvait lui arriver n'importe
quoi. Finalement, vers le début de septembre, j'étais sur le
chemin du retour par un temps sombre et nuageux quand j'ai vu une voiture
qui m'était familière devant la porte. Elle ressemblait
à celle de mon oncle. Sur le coup, j'ai cru que mon père
était enfin arrivé et j'ai couru jusque chez moi. Mais au
lieu de tomber dans ses bras, je me retrouvai face au regard dur de mon
oncle. En plus, Maria paraissait plus vieille que ses trente ans. J'étais
terrifié. Je voulais me retourner et courir mais mes jambes ne
voulaient pas m'obéir. Mon oncle était quelqu'un de dur.
Très grand avec de sombres yeux enfoncés et des traits tendus.
Il ressemblait à mon père physiquement, mais mon père
n'avait jamais eu ce regard froid et cruel qui me fixait. -Maria? |